Montag, 11. Oktober 2010
François Mauriac
date 4 September 2006 13:11
subject Mission fulfilled..
Lieber Mausfreund,
Nun bin ich fertig mit dem was ich hier vorhatte. Ich liebe dieses Linköping und es tut gut mit ein wenig Abwechslung.
Jetzt werden wir nur noch einen Kaffee trinken (tue ich in Gedanken auch mit dir :-) und dann fahre ich los.
Es ist ein schöner sonniger Tag.. fast sommerlich.
Und was machst du, mein lieber Mausfreund? Lass bald etwas von dir hören. Ich sehnsuche dich. :-)
Mit lieben Grüssen und K,
Malou
PS Auf der Suche nach etwas französischem im Internet (möchte diese Sprache nicht vergessen) habe ich ein paar wunderbare Aussagen über Bücher von François Mauriac gefunden. Er war und ist mein absoluter Favorit unter den Franzosen. Bekomme grosse Lust die Bücher nochmals zu lesen.
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Le noeud de vipères
(Livre de Poche, 1973, 287 pages)
J'ai trouvé dans ma bibli ce roman de Mauriac dont le titre était inspirant. C'est le journal d'un homme à la fin de sa vie. Il observe sa famille qui attend sa mort pour hériter. C'est l'occasion pour lui d'écrire à sa femme les raisons de la haine qui l'oppose aux siens. On découvre très vite qu'il faut remonter au tout début de leur mariage (d'amour pour lui, d'intérêt pour elle). Cet homme détesté de tous se dévoile tout au long de son monologue. Il devient attachant, touchant. Il évolue lui aussi au fil de son journal, et celui qui se disait incapable d'aimer, est en réalité rempli d'amour...
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François Mauriac est un grand écrivain. Son style est superbe, les phrases sont puissantes et chaque mot est choisi avec soin. Il m'a fallu prendre mon temps pour savourer et m'approprier son style. Pour moi, c'est une redécouverte. Vos critiques de Thérèse Desqueyroux m'ont donné envie de le relire. Un plaisir supplémentaire: chercher les livres de Mauriac chez les bouquinistes.
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J'ai découvert Mauriac sur le tard, il y a un an. Mon ex m'avait prêté "Génitrix" et là j'avais flanché... un choc, un vrai, comme je ne m'attendais plus à en avoir (en tout cas pas avec des auteurs dits "classiques"). Du coup j'ai acheté quasiment tout Mauriac, et je lis ça au compte-goutte, un peu à l'occasion. Après "Génitrix" donc, il y eut "Thérèse Desqueyroux" (re-choc) puis "Le fleuve de feu" (nettement moins choc, voir carrément ennuyeux d'ailleurs j'étais persuadé de l'avoir critiqué ici mais bon...).
Et donc, "Le noeud de vipères". Une lettre. Une longue lettre d'un vieil homme mourant adressée à son épouse. Qu'il déteste. On ne sait pas trop pourquoi mais on va le comprendre assez rapidement. D'autant que depuis son lit de mort, il ourdit sa vengeance.
Le début est époustoufflant; on frise le nihilisme absolu. Vingt pages gorgées de haine : le fond remue les tripes, la forme coupe le souffle. Depuis combien d'années (de siècles?) une poignée de pages ne m'avait-elle à ce point remué? Le soufflet retombe un peu par la suite, mais ces vingt premières pages méritent à elles seules l'achat du livre. Vingt pages soit donc une vingtaine de minutes durant lesquelles j'ai eu honte d'avoir un jour eu des prétentions littéraires.
La suite, donc... un texte court et sinueux, une écriture habitée conférant un impact inattendu à un drame de l'incommunicabilité somme toute très conventionnel. Comme toutes les histoires de Mauriac, celle-ci n'a rien d'exceptionnelle - elle est même stupéfiante de banalité. C'est la manière qui fait toute la différence... Et là encore on s'extasie : car le style de Mauriac est tout ce qu'il y a de classique, mais traversé d'une furie inexplicable qui atteint le lecteur et le renvoie à ses propres hantises (ou à sa propre culpabilité, selon les cas).
On ne sort définitivement pas indemne d'un livre de Mauriac. Dans "Le noeud de vipères" comme dans "Génitrix" ou d'autres, les caractère sont oppressants, les climats étouffants, et la phrase la plus banale peut tout à coup sembler terriblement dérangeante. Si je voulais user d'un raccourci un peu pataud, je dirais que, tandis que Bukowski a écrit les "Contes de la folie ordinaire", Mauriac à écrit les "Chroniques de la haine ordinaire".
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